À toi papa...
Dans un élan d’émotion, mon père alors âgé de 70 ans, me lança : « Tu devrais calculer, jeune homme, s’il est plus rentable de prendre quelques milliers de dollars de REER annuellement ou plutôt prendre une police d’assurance vie sur ma tête à 70 ans ». Je ne te dis pas d'annuler tes REER mais plutôt de regarder la possibilité de prendre les deux, soit ton REER ainsi qu'une assurance-vie sur ma tête. J’ai tombé en bas de ma chaise, allant même à renverser la coupe de vin qu’il venait de me servir!. Je l’ai regardé et souri, il rétorqua : « Fais tes calculs mon gars ». Mon père avait passé ses 20 dernières années à étudier les marchés boursiers et à analyser les courbes, graphiques, rendements, tendances et les influences des marchés. Il me disait souvent : « C’est curieux jeune homme, les analystes financiers sont tous allés à la même école et plusieurs ont des pensées différentes. Les hauts financiers, gestionnaires de fonds recommandent un marché en particulier et les autres recommandent le contraire. Ces recommandations du début de l’année changent à tous les trois mois et nous, les petits investisseurs, sommes obligés de faire confiance aux courtiers en valeurs mobilières, aux conseillers financiers, planificateurs financiers etc. Tous payés à commission, avec des pensées divergentes. J’ai découvert les ROLAIDS! C’est évident, les marchés sont tellement imprévisibles que ça prend des nerfs d’acier et des brûlements d’estomac! ».
« La Bourse n’est plus ce qu’elle était. Autrefois, on investissait à long terme et on gardait notre portefeuille.. Maintenant, depuis déjà plusieurs années est arrivé le Daytrading. Alors là, n’importe qui achète n’importe quoi en rêvant que les petites action appelés Pennies stock à 2 cents vont monter à 60.00 $ comme dans la bulle technologique aidé par les analystes avec des recommandations de STRONG BUY (Achat fortement recommandé). Toi, mon jeune homme qui travaille dans ce milieu, connais tu bien des gens qui ont fais des fortunes? Non, je connais plus de gens qui ont perdu des fortunes. Tu vois, la bourse c’est ça. Les gens achètent quand ça monte et vendent quand ça baisse parce que la chienne leur pogne, aidé par les analystes financiers qui tantôt recommandaient ce titre et bien maintenant recommandent de le vendre, voilà. »
J’en avais assez entendu pour commencer mes calculs. J’ai alors analysé un placement REER versus une assurance vie sur la tête de mon père. Soit 5 000 $ versé annuellement dans un REER contre une assurance vie de 100 000 $ à 5 000 $ de prime, pour un homme de 70 ans, non fumeur. J’ai calculé un retour d’impôt de 40 %. J’ai calculé la somme investi avec un rendement de 6 % pendant 20 ans. Mais l’espérance de vie de mon père? Je devais y penser. J’ai alors demandé aux compagnies d’assurance et banques de me fournir la table d’espérance de vie et je me suis vite aperçu que ce document était plutôt difficile à obtenir. On me mentionnait que c’était un document pour usage interne seulement. Et vous comprendrez que ce document uniforme pour tous est la bible de toutes institutions financières.
L’espérance de vie de mon père était de 13 ans et 6 mois, selon cette table réservé aux assureurs. Une autre chose que je devais tenir compte est qu’au décès de mon père, le capital de 100 000 $ serait non imposable, dans mes poches contrairement au REER qui lui, est accumulé et taxable dès la première cents que j’aurais retiré. Oups!, je ne devais pas oublier ça.
Mais 13 ans et 6 mois, c’est une moyenne de vie restante à mon père. Il n’avait pas encore eu de tests médicaux pour souscrire cette police de 100 000 $. La compagnie d’assurance n’avait pas analysé les antécédents médicaux de mon père etc… J’ai alors avisé mon père que je tentais de souscrire une assurance vie sur sa tête dont je serais le bénéficiaire et propriétaire et lui, l’assuré seulement. Ce qu’il accepta et ajouta : « À mon décès, si cela peux t’en donner plus jeune homme tant mieux, parce que de toute façon mes FEER seront imposable à mon décès et tu devras payer l’impôt ». Merci papa !. Mon père a passé un questionnaire médical par une infirmière à la maison familiale. Il a du fournir un test d’urine ainsi qu’un un test sanguin. La compagnie d’assurance a demandé une copie de son dossier médical auprès de son médecin.
Après quelques semaines, j’ai reçu la police. Mon père était accepté standard c’est-à-dire comme nous l’avions demandé. Sans surprime. J’étais content et lui aussi pour deux raisons : Il venait de se faire dire qu’il était assurable donc, en bonne santé et content pour moi d’avoir 100 000 $ no tax à son décès. J’ai décidé de payer la prime de façon mensuelle, soit 400.00$ par mois, j’avais le sentiment de me mettre de l’argent de coté sans pouvoir la retirer, contrairement au REER. Les mois passèrent. 22 mois pour être exact, ensuite, en venant faire un tour chez moi, il me dit avoir mal au dos. « Va voir ton médecin papa, ç’a pas d’allure que tu tolère ce mal ». Il alla voir son médecin qui décida de lui faire passer une radiographie des poumons. Il fût diagnostiqué. Cancer des poumons, phase avancé, non opérable, avec métastases dans le bas du dos. Il est décédé 7 mois plus tard. J’ai payé 29 mois à 400.00 $ et j’ai reçu un chèque de 100,000$ en assurance vie grâce à mon père. C’est arrivé il y a 3 ans. Aujourd’hui encore je sourie en pensant à mon père et je pleure également.
Père, merci pour ce que tu as été pour moi et même à ton décès tu as su prévenir. Tu as toujours dit que l’important c’est d’être heureux, en santé, avec de l’argent dans ses poches.
Papa. Merci !
Dédié à mon père.
Michel