Michel Landry

Conseiller en sécurité financière
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La mort, un dur coup financier

La mort de l'être aimé ne fait pas qu'affliger la personne survivante. C'est un dur choc économique, surtout pour les femmes, quand des revenus d'emploi ou de pension s'envolent.

Dans le cadre d'une étude, Statistique Canada s'est penchée sur les données de 1993 à 2003 en ce qui a trait aux conséquences financières d'un décès au Canada.

L'agence fédérale a remarqué que si tout le monde voit ses revenus baisser avec la perte de son mari ou de sa femme, la situation financière des hommes s'améliore quelque peu après cinq ans, alors que les veuves souffrent au niveau du budget.

Selon la méthode de calcul utilisée, qui est celle du revenu ajusté selon la taille de la famille, le revenu médian de 25 800 $ a chuté de 15% sur cinq ans pour les femmes qui ont perdu leur conjoint.

Par contre, chez les hommes, le revenu médian est passé de 27 800 $ à 29 400 $, soit une augmentation de 5,8%.

Comment expliquer le phénomène ?

«Ce que l'on voit, ce ne sont pas des augmentations réelles, souligne André Bernard, analyste chez Statistique Canada. Dans la plupart des cas, l'homme tirait la majorité des revenus de pension de la famille. Suite au décès, la diminution de revenu est moindre que la diminution de la taille de la famille. C'est une étude sur le niveau de vie.»

Statistique Canada explique que quand l'un des partenaires meurt, les sources de revenu d'un ménage changent. Les femmes voient leurs revenus de pension tomber de 28,6% alors que les hommes ne perdent que 1,1% de leurs entrées d'argent de cette source.

«Les femmes sont donc plus dépendantes à l'égard des revenus de pension parce que l'homme avait la majorité du revenu», conclut l'analyste.

Chez ces messieurs, c'est surtout la diminution des gains d'emploi qui peut faire baisser les revenus - et c'est la deuxième cause de problèmes budgétaires pour les dames - car certaines personnes âgées vivaient avec un conjoint actif sur le marché du travail avant le décès.

L'étude de Statistique Canada révèle qu'au total, 51% des veufs ont subi une perte de revenu cinq ans après la mort de leur conjointe, mais que 72% des femmes s'appauvrissaient.

Plus précisément, 8,7% des femmes se trouvaient dans une situation de faible revenu après un décès, alors que 5,1% des hommes connaissaient les mêmes conditions.